Vous avez déjà vécu cette situation : vous expliquez quelque chose avec précision, vous ajoutez des détails, vous reformulez pour être sûr d’être clair… et votre interlocuteur décroche, ou pire, comprend le contraire de ce que vous vouliez dire. Selon Payam Pakmanesh, coach en communication, l’erreur est presque toujours la même : en vouloir trop en dire. Dans une vidéo publiée sur Instagram, il rappelle un principe que beaucoup oublient : plus vous parlez, plus vous brouillez votre message.

La surinformation ambiante nous pousse à croire qu’il faut en mettre plein la vue pour être entendu. C’est l’inverse qui est vrai. Surexpliquer, multiplier les synonymes, ajouter des exemples superflus : tout cela fatigue l’auditeur et dilue l’essentiel. Le piège est d’autant plus vicieux que nous confondons souvent précision et abondance. Un mot bien choisi vaut mieux qu’un paragraphe.

Un faux pas de communication freine la compréhension mutuelle : l'analyse d'un expert.
Un faux pas de communication freine la compréhension mutuelle : l'analyse d'un expert.

Pourquoi dire moins renforce votre crédibilité

Quand vous parlez trop, vous donnez l’impression de douter de votre propre message. Vous cherchez à convaincre en ajoutant des couches d’explications, mais chaque mot supplémentaire est une opportunité de vous contredire ou de perdre votre auditeur. Dire "oui", "probablement" ou "absolument" est déjà une réponse complète, insiste Payam Pakmanesh. Inutile d’ajouter "je pense que…", "en quelque sorte…", "pour être tout à fait honnête…". Ces tics de langage affaiblissent votre propos.

À l’inverse, une communication concise impose une discipline : celle de choisir ses mots avec soin. Vous gagnez en autorité parce que chaque phrase porte. L’autre n’a pas à trier le bon grain de l’ivraie dans un flot de paroles. Il reçoit un message net, ce qui augmente la probabilité qu’il le mémorise et y adhère.

Les trois erreurs les plus fréquentes

  • Répéter pour être sûr : reformuler une même idée trois fois de suite, c’est signaler que vous n’êtes pas certain d’avoir été compris. Une seule formulation, bien construite, suffit.
  • Ajouter des détails inutiles : une date, un chiffre, un nom propre qui n’apporte rien. Demandez-vous : "est-ce que mon interlocuteur a vraiment besoin de savoir ça ?"
  • Multiplier les adverbes et les modalisateurs : "peut-être", "éventuellement", "en quelque sorte". Ces mots sont des bouées de sauvetage pour celui qui craint de s’engager. Ils nuisent à votre impact.

Le vrai travail se fait avant d’ouvrir la bouche

Être concis ne s’improvise pas. C’est un effort de préparation, pas un don. Avant une réunion, un entretien ou même une conversation importante, prenez cinq minutes pour identifier le message central. Posez-vous cette question : si je ne pouvais dire qu’une seule phrase, laquelle serait-ce ? Une fois que vous l’avez, tout le reste est accessoire.

Payam Pakmanesh le dit clairement : "Parler avec confiance ne signifie pas trop expliquer, se perdre dans des détails, ou répéter les choses. C’est plutôt une question de dire moins de façon plus claire." Cette clarté demande une maîtrise de la langue, mais aussi une empathie cognitive : savoir ce que l’autre a besoin d’entendre, pas ce que vous avez envie de dire.

Un bon test consiste à enregistrer votre message en une minute, puis à le réduire à trente secondes, puis à quinze. À chaque coupe, vous gagnez en puissance. Ce qui reste est votre noyau dur.

Comment appliquer ce principe au quotidien

La concision n’est pas réservée aux discours officiels ou aux présentations PowerPoint. Elle s’applique à tous les échanges : un email, une réponse à un client, une explication à un collègue, une discussion avec votre conjoint. Voici trois règles simples à tester dès aujourd’hui.

Un faux pas de communication freine la compréhension mutuelle : l'analyse d'un expert.
Un faux pas de communication freine la compréhension mutuelle : l'analyse d'un expert.
  1. Une idée par phrase : si vous sentez que votre phrase accumule deux ou trois informations, coupez-la. Chaque phrase doit pouvoir se suffire à elle-même.
  2. Supprimez les adjectifs inutiles : "très", "vraiment", "extrêmement" sont souvent des béquilles. Testez votre phrase sans eux. Si le sens reste identique, ils étaient superflus.
  3. Utilisez des mots concrets : préférez "j’ai besoin de ce rapport demain à 10h" à "j’aimerais que ce rapport soit disponible dans les meilleurs délais". Le premier est immédiatement compréhensible et actionnable.

Cette méthode transforme aussi votre communication écrite. Les emails les plus efficaces sont souvent les plus courts. Un objet clair, trois lignes maximum, une demande précise. Pas de formule de politesse interminable. Pas de rappel du contexte que l’autre connaît déjà.

"La plupart des gens pensent qu'une explication plus longue équivaut à plus de clarté. Faux. Plus vous parlez, plus il est difficile de vous suivre." — Payam Pakmanesh

Quand la concision devient un piège

Attention à ne pas tomber dans l’excès inverse. Être concis ne signifie pas être sec, froid ou autoritaire. Un message trop court peut être perçu comme un rejet ou un manque d’intérêt. Si vous répondez "ok" à un collègue qui vous a envoyé un long mail, vous passez pour désinvolte. La concision doit s’accompagner d’une forme de chaleur minimale : un "merci" en début de phrase, une question de suivi, un ton qui reste humain.

De même, certains sujets exigent des nuances. Une explication médicale, une négociation complexe, un feedback délicat : là, la brièveté peut nuire à la compréhension. L’astuce est de distinguer l’essentiel du superflu, pas de tout réduire à un squelette. Vous pouvez être long sans être verbeux, à condition que chaque mot serve un but précis.

Un autre écueil est de croire que la concision est une compétence innée. Elle s’apprend, se travaille, se mesure. Un bon indicateur : après une conversation, demandez à votre interlocuteur de reformuler ce que vous avez dit. S’il hésite ou se trompe, c’est que votre message n’était pas assez clair, pas assez resserré. L’autre est votre meilleur juge.

Une compétence qui change vos relations

Apprendre à dire moins pour dire mieux n’est pas un simple conseil de communication. C’est un levier concret pour réduire les malentendus, gagner du temps et renforcer votre crédibilité. Dans un monde où chacun est submergé d’informations, celui qui parle peu mais juste est celui qu’on écoute vraiment.

Payam Pakmanesh le résume en une formule : "Moins on en dit, mieux c’est." Ce n’est pas une invitation au silence, mais à la précision chirurgicale. La prochaine fois que vous sentez l’envie d’ajouter une phrase "pour être sûr", posez-vous : est-ce que cette phrase apporte quelque chose de nouveau ? Si la réponse est non, taisez-vous. Votre interlocuteur vous en remerciera.

Et si vous voulez pousser la réflexion plus loin, sachez que certains traits de caractère, comme le fait de penser "trop", peuvent révéler des qualités rares selon des psychologues. Une autre manière de voir les choses, qui n’est pas sans lien avec la façon dont on choisit ses mots.

Cet article informe et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un professionnel de santé.